19th Ave New York, NY 95822, USA

EXPÉDITION EN NORVÈGE – NOV. 2017 – NAGER AVEC LES ORQUES

Expédition en Norvège Nov 2017 – Nager avec les orques

Après l’expédition Orques au Canada en 2016 où j’ai pu observer et approcher de très près les orques depuis mon kayak de mer, j’avais envie de pouvoir descendre dans l’eau les rencontrer de manière encore peu plus intime. Au Canada, il est interdit de nager avec eux, alors je suis partie cette année avec un ami, Pierre Robert de Latour de USEA, tout au nord de la Norvège pour ce faire.

Là réside une population d’orques d’à peu prés 1500 individus, ce qui est devenu très rare de nos jours.

Autant vous dire c’est une expédition de l’extrême car la température extérieure est descendue à -10 degrés, et l’eau était à 1 ou 2 degrés. Sur les conseils de Pierre, j’ai investi dans une combinaison de 9mn faîte sur mesure afin d’être libre de mes mouvements dans l’eau, ce qu’une combinaison sèche ne permet que moyennement même si elle est beaucoup plus chaude !

Notez aussi qu’il fait jour qu’entre 10h et 14h, c’est donc une longue semaine de nuit qui m’attend…

Arrivée surplace, je découvre tout le grandiose des paysages … et notre bateau le Sula.
Merci à Julia pour ces belles photos.

 (crédit photoe : Julia Kuznetsova- Instagram : shaarila)
 (crédit photo : Julia Kuznetsova- Instagram : shaarila)

La cabine que je partage avec Jenni Whiteley, une spécialiste anglaise de la plongée avec les requins, adorable et passionnée. Ci-dessous ma petite couchette douillette qui est juste au dessus de celle de Jenni.

 

 

Les orques étant remontées plus au nord (snif), nous avons eu droit à 10h de navigation dans une mer formée à bord du Sula … bonjour le mal de coeur , ça commence bien 😉
Et pendant la navigation, je regardais par la fenêtre cette mer agitée, le temps maussade et surtout glacial. Je ne voyais vraiment pas comment j’allais réussir à trouver le courage de me mettre à l’eau.

 

 

Arrivée au soir dans le spot des orques, nous avons assisté au spectacle grandiose de la remontée des filets des pêcheurs de harengs. C’est un festin gargantuesque pour les orques et les oiseaux. Le spectacle est aussi sublime qu’assourdissant !
Monter le son de la vidéo et vous allez vite comprendre.. 😉

Crédit photo: Mike Korostelev
Crédit photo : Pierre Robert de Latour

 

Et nous voilà de retour au bateau pour une bonne nuit. Comme vous le voyez, il faut être extrêmement équipé pour affronter le froid !

 

 

Et l’ami Pierre Robert de Latour, qui vient depuis 20 ans nager avec les orques ici. C’est mon hôte et il prend grand soin de m’aider à combattre le froid (un grand merci Pierre pour toutes tes petites attentions qui m’ont beaucoup aidées).

 

 

Le lendemain au petit jour il neige, et nous nous préparons dans le froid et le vent, ce n’est pas très encourageant, je me demande encore comment je vais y arriver. Mais bon, je mets un pied devant l’autre. Je me dit que si tout va bien l’envie sera suffisamment forte prendra le dessus.

 

 Crédit photo : Mike Korostelev
Nous voilà prêt à partir..
Crédit photo : Mike Korostelev

 

Et nous voilà partis en mer à la recherche des orques. La mer est un peu agitée et le vent souffle, ça promet…

 

 

Les orques finissent par apparaitre dans ce paysage grandiose. J’en prends plein les yeux ! Je suis complètement émerveillée.

 

 (crédit photo : Julia Kuznetsova- Instagram : shaarila)

Finalement je trouve le courage de me lancer ! En avant pour une rencontre à l’eau !
Plus d’une cinquantaine d’orques ont défilés juste devant nos yeux. Certains font un petit détour pour venir nous saluer (extra !), probablement par curiosité.
Le plus beau moment a été celui où une orque, après m’avoir scanné avec son sonar, s’est approchée un peu plus près. Elle est venu se mettre à côté de moi et nous avons échanger un long regard. Puis, elle a alors pivoté pour me montrer son ventre tout en continuant à me regarder. J’étais tellement émue. C’était magique ! Avoir le privilège de vivre ce moment de communion avec un géant des mers (dont on sait presque rien en fait) est un cadeau extraordinaire.

Crédit photo : Mike Korostelev
Crédit photo : Mike Korostelev

Voilà ce que ça donne quand on est dans l’eau. C’est un peu surréaliste comme ambiance…

 Le selfie de Mike  – crédit photo : Mike Korostelev

Et me voilà au sortir de l’eau, heureuse et surtout congelée et complètement médusée par l’émotion de ces instants en compagnie d’une foule d’orques.

Crédit photo : Mike Korostelev – Merci MIKE !
J’y suis arrivée malgré le froid et la vie me la rendu au centuple … Gratitude ….

Ce premier jour aura été le meilleur de toute la semaine pour les rencontres avec les orques. Les jours suivants, la tempête s’est levée et la mer a été démontée, c’était plus éprouvant et les orques étaient difficile à trouver.
Cependant il y eu un autre instant magique : 2 baleines à bosse sont venues se coller à notre embarcation alors que nous étions en train de chercher les orques. Nous nous sommes tout doucement glissés dans l’eau à leurs côtés. Et là, quelle émotion ! Elles sont restées au moins une minute surplace avec nous. Puis, j’ai ensuite eu la chance de les accompagner sur une trentaine de mètres en nageant tranquillement à côté d’elles. Elles sont impressionnantes, majestueuses et si paisibles… Quelle grâce ! Je me suis sentie bénie.

 

 

Et après tant de froid et d’émotion… une sieste s’impose d’elle-même, et pour tout le monde (lol)

 

 

Lors d’une soirée, nous avons profité du jacuzzi au feu de bois installé sur le pont du Sula, et comme par magie, des aurores boréales sont venus magnifier le tableau. Imaginez notre extase !
Mais là encore, j’avoue avoir dû prendre mon courage à deux mains pour sortir en bikini sur le pont par -10 degrés 😉 ici, tout se mérite !

Avec tous ces moments si intenses et la difficulté liée au froid, au mal de mer etc., lors du petit quart d’heure passé à terre, c’est la débâcle. Du grand n’importe quoi s’invite comme moyen de relâcher la pression.

Puis, il est déjà temps de prendre le chemin du retour. J’ai l’impression d’y être resté six mois tellement c’était intense et dépaysant. Malgré tout, la semaine pourtant est passé en clin d’oeil.

Voici le spectacle féérique auquel nous avons pu assister pendant la traversée de retour.

  (crédit photos : Julia Kuznetsova- Instagram : shaarila)
 (crédit photos : Julia Kuznetsova- Instagram : shaarila)
 Voilà, c’était quelques souvenirs de cette semaine absolument grandiose. Je suis éblouie par la beauté de notre petite planète, sa nature et sa vie sauvage mystérieuse, curieuse et accueillante.
Pourquoi s’acharner à la détruire alors qu’elle nous offre tant de beauté et d’émerveillement ?

Et pour ceux qui se demandent si je suis saine d’esprit d’aller me mettre à l’eau avec les orques. Sachez que les orques n’ont jamais attaqué ni tué un humain dans leur milieu naturel. La seule chose qu’à pu trouver dans les archives des médias le spécialiste Alessandro De Maddalena (qui était à bord avec nous cette semaine là et qui est aussi par ailleurs un grand spécialiste des requins), ce sont deux voiliers que les orques auraient fait chavirer. Mais les orques n’ont pas touchés aux naufragés une fois ceux-ci tombés à l’eau. On ne peut pas en dire autant des humains qui, eux, ont massacrés des orques ou arrachent les petits à leur famille pour les mettre en delphinarium (#prison).

Et même encore aujourd’hui, Pierre nous a informé que les pêcheurs norvégiens de harengs auraient déposé une demande de quota pour tuer un certain nombre d’orques afin d’avoir plus de poissons à pêcher. Un bel exemple de la bêtise et la cupidité humaine.

J’espère donc que les associations de protection de la mer et le public, relayés par les média, réussiront à éviter cela. Mais pour l’instant l’affaire semble ne pas s’être ébruité, si elle est vraie.
D’ailleurs, la Norvège qui pêche toujours les baleines (malgré l’interdiction depuis 1986 par la Cour Internationale de Justice) a augmenté son quota de baleines à tuer en 2017 par rapport à 2016 pour atteindre un permis de tuer de 999 baleines de Minke.
L’objectif mis en avant par le gouvernement est qu’en tuant les mammifères marins, cela préserve et augmente les stocks de pêche réservés aux humains.
No comment…

Voici un article intéressant sur le sujet : https://www.cestassez.fr/2017/02/norvege-le-quota-de-baleines-abattre.html
Et des suggestions pour agir comme en écrivant à l’ambassade de Norvège en France (des textes pré-écris à personnaliser sont disponibles dans l’article).

Pour ma part, cela me donne encore plus envie de faire la série documentaire que je prépare (je cherche toujours une chaîne qui accepte ce projet) et qui vise à mettre en relief l’extraordinaire qui se vit au coeur de ces rencontres. Faire découvrir, toucher le coeur du public, émerveiller etc., pour éveiller (ou réveiller) les consciences et donner envie à chacun de réagir et d’agir.

Articles associés

YouTube
YouTube
LinkedIn
LinkedIn
Share
Instagram